jeudi 10 février 2011

Rando


On quitte Beyrouth mardi aprem avec Sylvain, direction Kfifan, petit village paumé sur la route de Tripoli pour un repas d'anniversaire. C'est surtout l'occasion de voir Audrey, snowboardeuse de St-Pierre de chartreuse rencontrée au réveillon et qui en dépit de son habitat lointain est devenue une pote. Grande amatrice de la liqueur verte qui fait la réputation de son bled et capable de balancer des vulgarités qui chez une fille qui dépasse péniblement le mètre soixante laissent songeur. Elle persiste à m'appeler Karl, en souvenir du réveillon ou j'avais évoqué mes tendances marxistes avec sa frangine alors en visite au Liban en goutant avec délectation à la Chartreuse qu'elle n'avait pas manqué d'amener... (a ce propos saviez vous que les moines chartreux portent un silice en permanence? C'est crade hein?) Gratin dauphinois et ratatouille, pur bon repas avec joie suprême sur la fin: du fromage de chèvre et une baguette! On passe une soirée tranquille, et on reste dormir sur place avec en fond sonore les aboiements des coyotes (pas sur que ce soit vraiment des coyotes mais ca y ressemble) auxquels répondent les chiens du village.
Départ a 9h pour la Kadisha toute proche, objectif une rando dans la vallée sur les chemins qui relient les nombreux monastères et ermitages de la vallée sainte. Manouchés au fromage pour le petit dèj et c'est parti. Le chemin serpente au fond la vallée, longeant la petite rivière qui se jette dans la mer quelques kilomètres plus loin. Sylvain et Audrey discutent de Lyon ou ils font leur études. Ca donne sacrément envie d'aller voir à quoi ca ressemble, en tout cas ca sonne comme une chouette ville. Je promet d'être là pour les nuits sonores, sans savoir si ca sera possible. La collègue d'Audrey nous parle de Liège et de Bruxelles, ou l'eau coute plus cher que la bière. J'évoque la Gouden Carolus et la Karméliet et mon goût pour les triples (mais pas les quadruples, dont la trop forte alcoolémie finit par tuer le goût)... Hochement de tête approbateur, ce qui de la part d'une belge vaut cher pour un amateur de bières.
On arrive à un ermitage une grotte dans la falaise ou réside le père Escobar, maronite colombien qui nous paye le café et nous parle des vertus de la feuille de Coca, de comment il a prié pour que Ratzinger devienne Pape et de son expérience à l'église maronite Miami. Il commente ensuite un bout de « mots croisés » sur France 2 qu'il à vu la semaine dernière. C'est un peu chelou pour un ermite de regarder la télé non? C'est complétement surréaliste. Il y'a aussi une bonne soeur bretonne qui passe au Liban avant de se rendre en Irak répondant à l'appel de Rome d'aller soutenir les chrétiens d'Irak dans leur malheur. Je lui parle brièvement de la presque-ile de Crozon mais je pense pas qu'on aime vraiment la même Bretagne.
Le problème quand tu marche au fond d'une vallée c'est qu'a un moment faut en sortir, on se tape un putain de dénivelé pour remonter. Le paysage est magnifique, je regrette un peu d'avoir laissé mon appareil à Beyrouth mais vu les endroits ou on passe vaut mieux que je sois concentré sur comment ne pas me vautrer qu'occupé à faire des photos. Je suis toujours pas fan de rando. Ca change pas. Mais c'est bon de prendre l'air un peu. Sortir de Beyrouth. On arrive enfin en haut après cinq bonnes heures de marche quand même. Je m'étire en discutant avec Audrey et songe au entrainements des Partizans ou Paulo gueule quand fait les cons au lieu d'écouter ses consignes. C'est bon de faire du sport mais la marche vaut pas un bon vieux match de foot.
Retour à Beyrouth pour France-Brésil sur TV5 monde. Réflexion sur l'intelligence des gens qui font jouer un match de foot au Stade de France au milieux du Tournoi, ou comment être sur d'avoir une pelouse pourrave. Mais bon on va quand même pas faire jouer les bleus ailleurs qu'a Paris hein. Bandes de connards. En parlant du Tournoi on a vu France-Ecosse avec Sylvain et ce qui est sûr c'est qu'on sera pas champions du monde avec une défense comme celle là et que je commence a avoir de sérieux doutes sur Liévremont: Traille a l'arrière, ben oui bien sur il a un sens du jeu hors du commun...
Voilà pour mes analyses sportives que vous attendiez tous. En attendant je pars en Syrie la semaine prochaine et demain direction Saida avec Alex. Je commence aussi a regarder les billets retour... Ca passe vite, trop vite, j'ai pas envie de rentrer...

ps: Révélation de la journée: la lessive à la main c'est putain de chiant!!!  

mercredi 2 février 2011

Retour a Furn el Shebbak.


Ben voilà, on s'est fait jeter de l'appart de Bachoura. Victor est rentré en France et Mathilde habite maintenant avec 2 filles espagnoles et un mec qui ressemble tellement à David Villa que quand il est allé réciter un truc de Neruda à la soirée Slam (même pas capable d'écrire un truc) je pouvais pas m'empêcher de l'imaginer habillé en joueur de foot. Je l'ai dit a Sylvain, ça nous a fait ricaner un moment. D'ailleurs je sens que vous vous demandez tous: « mais c'est quoi cette histoire de Slam foutre dieu!? ». En fait c'est une pote, Anais, qui organisait une soirée Slam a Gemmayzé, j'étais pas super chaud pour lire un truc mais en arrivant avec Sylvain on nous a dit que si on récitait un truc on avait droit a un verre gratuit. Ni une ni deux j'ai écrit un truc sur un bout de papier et en avant guingamp! L'expérience a été plutôt concluante: j'ai eu des bonnes notes et même un compliment de la meilleure slameuse libanaise de l'histoire. Sylvain a carrément gagné la compétition, mais aucun mérite il fait du théâtre depuis tout gosse... La prochaine fois je prendrais le temps de bosser un peu et moi aussi je gagnerais... Y'a pas de raison!
Ca me gonfle de plus habiter à Bachoura. L'appart était juste génial. J'avais une grande terrasse avec vue sur la mer. Et c'est quand même plus classe que la pissotière d'Arnaud B. où tout le monde vient gerber parce que quand même le Communard ils sont cools alors on évite de leur pourrir les chiottes, en plus maintenant c'est Basile qui fait le ménage.
Sinon aujourd'hui c'est journée de merde: le master auquel je pensais postuler à l'université libanaise de Beyrouth (journalisme francophone) s'arrête l'an prochain, résultat: dans ton cul! Apprendre ça au réveil je vous garantie ca aide pas à commencer une journée. Si derrière tu te rends compte que ce con d'iphoto a effacé toutes les retouches que j'avais sur les 4700 photos qu'il contenait ben tu te pose sérieusement la question de retourner te coucher... Bon j'ai pas perdu les photos, juste les versions retravaillées, ce qui représente quand même pas mal de taf...
En ce qui concerne les points positifs, j'habite maintenant avec Sylvain, alias 20Syl, alias Souss'. Il étudie la littérature arabe à l'université islamique et parle mieux que je ne parlerais jamais. Le retour a Francais Land est plus supportable avec lui: c'est un gauchiste, il lit le diplo et partage mon aversion pour les gros cons de droite. Si vous pensez que c'est un intello c'est que vous l'avez jamais vu devant un match de l'OL. Enfin on est bien décidés à foutre la révolution dans notre immeuble et c'est plutôt cool. Mon deuxième coloc c'est Alex, alias The Dude, alias Frère Tuck. Il à 19 ans, ce qui en fait est très drôle: il connait pas Tostaky, ni Bernie, ni pas mal de truc que Sylvain et moi considérons comme cultes. En plus là il vit son premier chagrin d'amour, il est persuadé qu'il va en crever...C'est mignon.
Alex hier soir, apprenant que Sylvain a acheté du rouge pour le repas...
Bref, nous avons un super appartement plein de bières et de joie de vivre où s'épanouissent vulgarité et expressions fleuries. Mais où Sylvain maintient un niveau culinaire qui fait la joie de ses colocataires. Et en plus j'ai maintenant un lit KING SIZE (en fait c'est deux lits 1 place collés) et c'est quand même super cool de pouvoir a nouveau faire l'étoile de mer dans mon plumard.
Voilà, je vais bosser un peu mon arabe, j'ai cours tout a l'heure... A bientôt pour de nouvelles aventures sous le soleil Beyroutin.  

mercredi 26 janvier 2011

Lei khaylen? Ana mich khaylen.


« Pourquoi tu as eu peur? Moi je n'ai pas eu peur. » Soap Kills, electro/trip hop libanais. Ma découverte musicale du moment. Et j'ai eu un peu peur. Pas vraiment pour moi, plutot de devoir partir, rentrer si tôt en laissant tout derrière moi.
Fallait bien que ca arrive. «Jour de colère ». Les partisans de Saad Hariri décrètent une journée d'action pour protester contre la nomination de Mikati au poste de 1er ministre. Contrairement à ce que j'ai pu lire dans les journaux français, Mikati n'est pas « LE candidat du Hezbollah ». Le Hezb avait proposé Karamé comme premier ministre, il s'est ensuite rangé derrière Mikati qui faisait concensus au sein de l'ancienne opposition. Résultat « jour de colère » au Liban. Je peux pas m'empecher de penser à « Jour de tonnere » un film moisi que j'ai vu il y'a longtemps (avec Tom Cruise je crois???).
Ca part un peu en vrille a Tripoli (bastion Haririste), jets de pierres sur l'armée et une camionette Al-jazera incendié.
A Beyrouth les troubles sont concentrés dans certains quartiers. Pneus qui brulent pour bloquer les routes. L'armée qui tire en l'air pour disperser la foule. Enfermé chez moi j'entend les raffales d'armes automatiques. Sursauts, un peu se stress aussi. Mais c'est bizarre la vitesse avec laquelle on s'y habitue.
Une journée ou on évite de sortir, c'est peu en trois mois. Coup de bol les coupures d'électricité me laissent tranquille, je passe la journée a glander sur le net. Prendre des news, raconter des conneries sur le Partizan.
En fin d'aprem un rassemblement pro-Hariri sur la place des Martyrs. Ils sont même pas 200, on dirait l'AGET et la CNT sur le Capitole pour les sans papiers. C'est un peu pathétique. Je pense que Saad comptait que les protestations prennent plus d'ampleur. Pas grand chose de bien violent, ni de bien concluant. Le 1er ministre est nommé, le courant du futur dans l'opposition. C'est loin d'être fini, et je pense pas que ce nouveau gouvernement tienne bien longtemps. Mais les manifestations sont terminées. La tension semble retombée, comme si la pluie violente qui tombe sur Beyrouth aujourd'hui avait douché toutes les ardeurs.(En meme temps, cramer des pneux quand il tombe des cordes c'est moins facile.)
Ca peut repartir, a tout moment, c'est ce que les libanais appellent « Le pas de lendemain ». On ne sait jamais comment la situation va tourner. Alors on profite d'aujourd'hui. Ce soir soirée Slam a Gemmayzé. Mathilde me prend la tête pour que j'écrive un truc. Quelques essais infructeux, de toute façon j'ai pas envie de réciter un truc. Je me contente de souffler sur mon thé brulant en écoutant Soap Kills, regarder les redifs' du championnat du monde de Hand sur Al-jazera sport en essayant d'expliquer les subtilités du jeu à Victor (Luc Abalo, viva la madre que te pario!). Beyrouth est tranquille, moi aussi.

jeudi 20 janvier 2011

A mon Beyrouth


Il ne faut pas se leurrer, la situation se tend, on ne le perçoit pas encore vraiment concrètement mais l'armée se déploit doucement dans la ville, autour de la résidence du 1er ministre, du parlement et dans certains quartiers. Le Hezbollah montre ses muscles, mardi matin des dizaines de personnes ont pris possession de carrefours et de grands axes routiers, sans arme, juste pour montrer avec quelle facilité ils pourraient bloquer Beyrouth. En 2008 ils ont eu le contrôle de Beyrouth Ouest pendant quelques jours, par les armes cette fois...
Alors on fait quoi? Encore une fois on s'attend à un retour de la violence (à plus ou moins long terme, à mon avis pas pour tout de suite). Et encore une fois le Liban va revenir au centre de l'actualité pour les mêmes raisons que chaque fois depuis 1975, la violence, la guerre, le chaos... Et encore une fois la seule image de ce pays qu'aura l'occident sera celle d'un puzzle communautaire incapable de s'entendre, d'un vaste bordel, de Beyrouth comme un champ de ruine, du terrorisme, de la violence...
Alors avant tout ça je voudrais parler du Beyrouth que je commence a connaître. De tout ce que j'aime ici depuis trois mois déjà. Essayer vainement de combattre les clichés qui collent à la peau du Liban.
Je voudrais dire que les libanais sont extrêmement sympathiques, toutes religions confondues, accueillants et portés sur la rigolade. Qu'il se dégage de ce peuple une force vive que je n'avais senti nulle part ailleurs. Une volonté inaltérable de vivre. Et que non, on ne croise pas des civils armés de Kalashnikov à chaque coin de rue.
Que la vie culturelle est putain de vivante. Qu'il y'a des expos, des concerts, des librairies partout. Que Beyrouth malgré tout est belle. Pas belle comme on l'entend en France, pas belle comme Paris mais belle parce qu'elle recèle du mélange entre ancien et nouveau,entre détruit et reconstruit. Entre Occident et Orient. Et que même si il y'a des bâtiments détruits partout et des buildings tout neufs et aseptisé, lorsque tout cela est baigné de soleil, entouré de ses montagnes aux neiges éternelles et bordé par le bleu tranquille de la mer Beyrouth est belle. Et non ce n'est pas un gigantesque champ de ruine genre Stalingrad à la fin du siège, et je préfère vivre ici qu'a Geugnon, St-Etienne, Le Havre, Roubaix, Amiens... (rayer la mention inutile).
Je n'ai pas encore assisté à des bastons à coup de tessons de bouteilles comme j'en ai déjà vu aux Tiercerettes ou de bagarres de connards ivres morts comme cela arrive régulièrement à St-Pierre. Mais c'est vrai que j'ai peut être eu de la chance, je suis pas là depuis si longtemps que ça. Quoi qu'il en soit je me sent plus serein la nuit seul dans Beyrouth qu'a Paris, et ce malgré un absence quasi totale de policiers.
La vie nocturne ici est la plus animée que j'ai jamais vue, il y'a énormément de bars et boite de nuit. Les libanais sont un peuple de fêtards et ne passent pas leur temps à faire la guerre et non on ne risque pas de prendre une balle dès qu'on met le nez dehors, une cuite par contre c'est plus probable...
Le Liban est un pays magnifique, les montagnes autour de Bécharé sont magiques, les ruines romaines de Baalbek n'ont rien à envier celles que j'ai vu en Italie. Le littoral quoi qu'un peu bétonné n'est pas du tout moche. Et la vallée de la Beeka verdoyante des champs et des vignobles est très jolie. En parlant de vignoble le vin libanais est aussi très bon.
Revenir m'installer ici durablement un jour ou l'autre est une chose que j'envisage et je ne pense pas être fou ou suicidaire.
Enfin, que cela soit dit: les libanaises sont des bombes atomiques, et aussi futile et frivole que cela puisse paraître si on doit garder un cliché sur le Liban je préfère celui là à celui d'un pays en ruine ravagé par la guerre.

mardi 18 janvier 2011

Pendant ce temps à Beyrouth Ouest

Comme partout ailleurs on parle beaucoup de la Tunisie. Le régime était vu ici comme un des plus solides du monde arabe, d'où la surprise de voir l'autre con partir en catastrophe pour éviter de se retrouver au poteau.
Le calme règne sur Beyrouth, rien à signaler, quelques rassemblements de jeunes (sans armes) tôt ce matin dans le sud de la ville mais rien de bien concluant. Pourtant le Liban s'enfonce dans la crise. Les consultations pour trouver un nouveaux premier ministre ont déjà était repoussées d'une semaine. Je ne sais pas pourquoi mais je pressent que ce report n'est pas le dernier. Le TSL a rendu son acte d'accusation, pour l'instant confidentiel. Le procureur rappelle le principe de présomption d'innocence. Manière comme une autre de calmer les éventuelles ardeurs du Hezb. Hassan a parlé l'autre jour, on l'a regardé avec mon colloc sans rien comprendre à ce qu'il pouvait bien raconter. Il n'a en fait rien dit de bien nouveaux, je l'ai trouvé très calme, loin du tribun auquel je m'attendais. Pendant que les politiques tergiversent, le prix de l'essence grimpe en flèche, comme beaucoup d'autres produits de base, pas besoin de chercher bien loin qui seront les victimes de la crise politique du Levant.
Le soleil brille et je regarde la mer depuis ma terrasse. Je me suis attaché a cette ville, plus vite que je ne l'aurais cru. Et beaucoup de français peuvent dire qu'ils préfèrent Damas, je ne suis pas d'accord. Beyrouth est magique, sale, polluée, déglinguée mais plus vivante que n'importe quel endroit du monde. La ville qui ne veut pas mourir. La ville du contraste, du paradoxe, de la contradiction. C'est la seule chose qui me fait peur, la voir sombrer dans la violence, le chaos, la tristesse, Beyrouth ne mérite pas ca, je l'aime déjà trop pour ne pas flipper pour elle.
Par solidarité avec le pays ma colloc' a choppé une bonne vieille crève des familles. Elle se terre dans sa piaule avec une tronche a faire flipper un zombie. Enormes cernes sous ses yeux et bonne toux grasse que j'entends en écrivant dans le salon. Je peux pas m'occuper du Liban mais je peux m'occuper d'elle, thé brulant, thermomètre, paracétamol... Si seulement ca pouvait être aussi simple de soigner la poussé de fièvre du Liban.
Fumé un cigare hier, sport national ici, un Romeo y Julieta n°1 pour célébrer la naissance de ma 6ème nièce (Lisie, welcome). La fumée lourde dans la fraicheur du soir en discutant distraitement avec Victor.
Ce matin direction l'ambassade pour me faire inscrire comme ressortissant français, comme ca je serais invité au cocktail du 14 juillet (m'en fout je serais rentré) mais surtout je suis assuré qu'ils partent pas sans moi en cas d'évacuation (peu de chance mais on sait jamais). Comme à chaque fois que l'on a recours à l'administration n'importe où c'est super chiant et j'y passe une bonne partie de la matinée. Résultat ils me font pas de carte car je repars bientôt et je me retrouve comme un con avec mes photos d'identités super moches et super chères... Se retenir très fort de pas balancer tout ce qui me vient à l'esprit concernant une parenté entre les fonctionnaires et les charognards de certaines contrées désertiques.
J'ai commencé à écrire un truc sérieux sur la situation politique, on sait jamais, c'est peut être ma première occasion d'être publié, faut que je me dépêche avant que le buzz tunisien retombe et que les journaleux français se rappellent que le Liban existe et que ce qui se passe risque de pas être jojo.

vendredi 14 janvier 2011

Nothing as change

On l'attendait, depuis quelques jours cela semblait innévitable, on en parlait pas mais c'était dans l'air. Puis mercredi en fin d'aprem la nouvelle est arrivée. J'étais chez moi, à galérer pour me connecter au net, Victor et rentré, je n'ai rien dit et suis allé mettre la bouilloire sur le feu.
Le gouvernement venait de tomber, les 10 ministres de l'opposition ont démissioné, bientôt suivis par un onzième, ce qui entrainait constitutionellement la chute du cabinet de Saad Hariri. Coupure je jus, silence sur la ville, ce qui est assez rare pour être souligné.
Le Liban est de nouveau au bord de la crise. Au vu de la situation il est clair qu'il ne se dégagera pas de consensus sur un nouveau gouvernement avant un bon moment. On tire des plans, chacun a son avis. Que va faire le Hezbollah? Ils sont intouchables militairement. Personne ne peut les attaquer et ils ont les moyens de prendre le pouvoir par la force. Cela semble pourtant improbable, leur tactique depuis 2006 est d'apparaitre comme un parti respectable, dont les armes s'opposent à Tsahal et ne se retourneront jamais contre le Liban.
Alors quoi? On repart dans l'impasse politique pour deux ans? Comme entre 2006 et 2008 quand le pays a passé de longs mois sans premier ministre et que la situation a pourri jusqu'à faire une centaine de morts dans des affrontements chiites/sunnites. C'est plus que propable. C'est en tout cas ce que je crois.
En attendant Beyrouth est exactement la même. Aucune différence. Tout est calme. Pas de gigantesques manifs comme on pensait qu'il y aurait forcément. Je surveille la place des Martyrs depuis ma terrasse. Mes deux appareils prêts à mitrailler si quelque chose se passe. Mais il n'y rien.
Les libanais semblent prendre tout ça avec philosophie. C'est pas comme si c'était la première fois qu'un gouvernement s'éffondrait, incapable de survivre à ses contradictions.
Deux grenades ont explosées dans un local du parti de Michel Aoun (chrétien allié au Hezb dans l'opposition) ca c'est passé dans un village hors de Beyrouth, et c'est pour l'instant le seul incident depuis mercredi. On peut croire qu'il est l'oeuvre des partis chrétiens de la majorité, mais comment savoir? Ce qui est sur c'est que c'est le parti le plus faible de l'opposition qui a été attaqué. On peut pas encore toucher au Hezb ou à Amal les deux grands partis chiites qui sont la base du rassemblement du 8 mars.
On attend l'acte d'accusation du TSL, qui devrait mettre en cause le Hezbollah dans l'assasinat de Rafik Hariri. A ce moment là ca risque de craindre un peu plus. Si le Hezbollah est accusé il va forcément réagir. La publication est sans cesse reportée, alors il y'a moyen que cela prenne encore plus de temps que prévu maintenant. La précipitation ne serait bonne pour personne.
Pour l'instant il ne se passe rien. Le soleil est revenu, en terrasse les libanaises rivalisent toujours de coqueteries. Ce soir c'est vendredi. La légende raconte que la nuit beyrouthine s'enflamme en temps de crise. On verra bien...

lundi 10 janvier 2011

Feraya, le Val Louron libanais.

ENFIN! Après trois mois de climat variable mais monotone (en gros super chaud puis super orage), j'ai enfin découvert le ski au Liban.
Gilbert était motivé pour aller perfectionner sa technique de snowboard et moi ben j'attendais que ca depuis un mois au point que j'en étais à lire les compte rendus des slaloms de coupe du monde sur l'équipe.fr et je vous jure que y'a rien de plus chiant.
Alors ce matin c'est parti, lever à 7h30 (aouch) et traversée de Beyrouth en taxi accompagné de ma super tasse/réchaud qui te permet de te bruler la langue avec ton café même une bonne demi heure après préparation.
On monte vers Feraya, la station la plus connue du Liban du moins je crois je suis pas encore un spécialiste. Il fait super pas beau, tout gris avec du brouillard. Mais on à la foi. Location du matos, j'appréhendaisssssssss un peu de me retrouver avec une vieille paire de ski droits que même mon père les trouverais has-been et totalement inskiable, mais comme Gilbert connait les gens de la boutique je me retrouve avec une bonne paire de Salomon V12 crossmax pas tout neufs mais bien fartés et affutés (si t'es initiateur ou que t'as juste du temps à perdre tu peux les voir ici:http://www.snowrental.net/fr/ski/materiel-ski/salomon/2006/salomon-crossmax-v-12.html)
On arrive en haut, il neige, il fait froid, et évidement mon équipement se limite a un jean, ma polaire, mon bonnet de Tripoli qui est déjà tout déformé degueu et mes Ray Ban ce qui sous la neige et loin de valoir mon beau masque qui dort chez mes parents... On hésite un peu mais maintenant que je suis là j'aurais du mal a redescendre. L'hiver bordel! Le vrai, le froid, l'humide... C'est que du bonheur! Il n'y a qu'une piste ouverte, qui n'a rien à envier aux « doubles » a Val Louron. Le reste de la station à pas l'air mal mais ça sera pour un autre jour.
Première descente, les sensations reviennent et mes skis sont des machines à carver. Bon comme jusque là mon activité sportive au Liban se limite à bouffer comme un porc et boire des bières et que en plus comme dirait Corinne: « T'es pas centréééééé!!!!! » je galère un peu au début. Mais ca revient bien, petit a petit je commence à retrouver mon ski...
Les libanais ont plutôt un bon niveau, plus que ce à quoi je m'attendais, mais pas non plus vraiment super solides. Le truc c'est que ceux qui sont bons on devrait leur dire que la godille c'est has-been. Bref pour une fois je crois que je suis le meilleur sur la piste: j'aime!
Le truc vraiment drôle c'est ceux qui sont super sapés mais qui savent pas skier. Je rigole bien en les regardant. Bon à force d'être sous la neige et de poser mon cul sur le télésiège mouillé je finis par avoir salement froid. Claquage de dent, et de genoux, fatigue et j'ai même du mal à tenir mes skis sur certains virages... Une bonne demi journée de ski, histoire de retrouver mes marques.
Sur le retour arrêt dans un petit resto qui fait les meilleurs manouchés que j'ai mangé depuis que je suis là. Une pure TUERIE! Retour à Beyrouth épuisé, pas beaucoup dormi, premier effort physique depuis deux mois, et le froid dont j'avais perdu l'habitude. Mais c'est que du bonheur, il me tarde de revenir.