On l'attendait, depuis quelques jours cela semblait innévitable, on en parlait pas mais c'était dans l'air. Puis mercredi en fin d'aprem la nouvelle est arrivée. J'étais chez moi, à galérer pour me connecter au net, Victor et rentré, je n'ai rien dit et suis allé mettre la bouilloire sur le feu.
Le gouvernement venait de tomber, les 10 ministres de l'opposition ont démissioné, bientôt suivis par un onzième, ce qui entrainait constitutionellement la chute du cabinet de Saad Hariri. Coupure je jus, silence sur la ville, ce qui est assez rare pour être souligné.
Le Liban est de nouveau au bord de la crise. Au vu de la situation il est clair qu'il ne se dégagera pas de consensus sur un nouveau gouvernement avant un bon moment. On tire des plans, chacun a son avis. Que va faire le Hezbollah? Ils sont intouchables militairement. Personne ne peut les attaquer et ils ont les moyens de prendre le pouvoir par la force. Cela semble pourtant improbable, leur tactique depuis 2006 est d'apparaitre comme un parti respectable, dont les armes s'opposent à Tsahal et ne se retourneront jamais contre le Liban.
Alors quoi? On repart dans l'impasse politique pour deux ans? Comme entre 2006 et 2008 quand le pays a passé de longs mois sans premier ministre et que la situation a pourri jusqu'à faire une centaine de morts dans des affrontements chiites/sunnites. C'est plus que propable. C'est en tout cas ce que je crois.
En attendant Beyrouth est exactement la même. Aucune différence. Tout est calme. Pas de gigantesques manifs comme on pensait qu'il y aurait forcément. Je surveille la place des Martyrs depuis ma terrasse. Mes deux appareils prêts à mitrailler si quelque chose se passe. Mais il n'y rien.
Les libanais semblent prendre tout ça avec philosophie. C'est pas comme si c'était la première fois qu'un gouvernement s'éffondrait, incapable de survivre à ses contradictions.
Deux grenades ont explosées dans un local du parti de Michel Aoun (chrétien allié au Hezb dans l'opposition) ca c'est passé dans un village hors de Beyrouth, et c'est pour l'instant le seul incident depuis mercredi. On peut croire qu'il est l'oeuvre des partis chrétiens de la majorité, mais comment savoir? Ce qui est sur c'est que c'est le parti le plus faible de l'opposition qui a été attaqué. On peut pas encore toucher au Hezb ou à Amal les deux grands partis chiites qui sont la base du rassemblement du 8 mars.
On attend l'acte d'accusation du TSL, qui devrait mettre en cause le Hezbollah dans l'assasinat de Rafik Hariri. A ce moment là ca risque de craindre un peu plus. Si le Hezbollah est accusé il va forcément réagir. La publication est sans cesse reportée, alors il y'a moyen que cela prenne encore plus de temps que prévu maintenant. La précipitation ne serait bonne pour personne.
Pour l'instant il ne se passe rien. Le soleil est revenu, en terrasse les libanaises rivalisent toujours de coqueteries. Ce soir c'est vendredi. La légende raconte que la nuit beyrouthine s'enflamme en temps de crise. On verra bien...
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire