mardi 18 janvier 2011

Pendant ce temps à Beyrouth Ouest

Comme partout ailleurs on parle beaucoup de la Tunisie. Le régime était vu ici comme un des plus solides du monde arabe, d'où la surprise de voir l'autre con partir en catastrophe pour éviter de se retrouver au poteau.
Le calme règne sur Beyrouth, rien à signaler, quelques rassemblements de jeunes (sans armes) tôt ce matin dans le sud de la ville mais rien de bien concluant. Pourtant le Liban s'enfonce dans la crise. Les consultations pour trouver un nouveaux premier ministre ont déjà était repoussées d'une semaine. Je ne sais pas pourquoi mais je pressent que ce report n'est pas le dernier. Le TSL a rendu son acte d'accusation, pour l'instant confidentiel. Le procureur rappelle le principe de présomption d'innocence. Manière comme une autre de calmer les éventuelles ardeurs du Hezb. Hassan a parlé l'autre jour, on l'a regardé avec mon colloc sans rien comprendre à ce qu'il pouvait bien raconter. Il n'a en fait rien dit de bien nouveaux, je l'ai trouvé très calme, loin du tribun auquel je m'attendais. Pendant que les politiques tergiversent, le prix de l'essence grimpe en flèche, comme beaucoup d'autres produits de base, pas besoin de chercher bien loin qui seront les victimes de la crise politique du Levant.
Le soleil brille et je regarde la mer depuis ma terrasse. Je me suis attaché a cette ville, plus vite que je ne l'aurais cru. Et beaucoup de français peuvent dire qu'ils préfèrent Damas, je ne suis pas d'accord. Beyrouth est magique, sale, polluée, déglinguée mais plus vivante que n'importe quel endroit du monde. La ville qui ne veut pas mourir. La ville du contraste, du paradoxe, de la contradiction. C'est la seule chose qui me fait peur, la voir sombrer dans la violence, le chaos, la tristesse, Beyrouth ne mérite pas ca, je l'aime déjà trop pour ne pas flipper pour elle.
Par solidarité avec le pays ma colloc' a choppé une bonne vieille crève des familles. Elle se terre dans sa piaule avec une tronche a faire flipper un zombie. Enormes cernes sous ses yeux et bonne toux grasse que j'entends en écrivant dans le salon. Je peux pas m'occuper du Liban mais je peux m'occuper d'elle, thé brulant, thermomètre, paracétamol... Si seulement ca pouvait être aussi simple de soigner la poussé de fièvre du Liban.
Fumé un cigare hier, sport national ici, un Romeo y Julieta n°1 pour célébrer la naissance de ma 6ème nièce (Lisie, welcome). La fumée lourde dans la fraicheur du soir en discutant distraitement avec Victor.
Ce matin direction l'ambassade pour me faire inscrire comme ressortissant français, comme ca je serais invité au cocktail du 14 juillet (m'en fout je serais rentré) mais surtout je suis assuré qu'ils partent pas sans moi en cas d'évacuation (peu de chance mais on sait jamais). Comme à chaque fois que l'on a recours à l'administration n'importe où c'est super chiant et j'y passe une bonne partie de la matinée. Résultat ils me font pas de carte car je repars bientôt et je me retrouve comme un con avec mes photos d'identités super moches et super chères... Se retenir très fort de pas balancer tout ce qui me vient à l'esprit concernant une parenté entre les fonctionnaires et les charognards de certaines contrées désertiques.
J'ai commencé à écrire un truc sérieux sur la situation politique, on sait jamais, c'est peut être ma première occasion d'être publié, faut que je me dépêche avant que le buzz tunisien retombe et que les journaleux français se rappellent que le Liban existe et que ce qui se passe risque de pas être jojo.

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