dimanche 20 mars 2011

Palmyre


Retour à Damas, pour la dernière fois surement. Rencontre avec Milan dans le bus. Lyonnais évacué du Caire, joueur de Oud qui étudie la musique à Beyrouth. On fait le trajet ensemble et partageons la même chambre en arrivant à l'auberge.
On sort manger dans le quartier chrétien du vieux Damas pour pouvoir boire une petite bière avec un française de l'auberge et une turque complétement folle qui braille les insultes française qu'elle connait dans le resto (précisons que quand même pas mal de syriens ont des notions de français).
Milan et moi décidons de partir a Palmyre le lendemain. Une oasis au milieu du désert classée au patrimoine mondial de l'unesco. On finit le repas tranquillement pendant que je jette un oeil distrait à Munich-Inter sur les écrans géants...
3h longues heures de bus avec un film syrien en fond sonore. La route n'est qu'un long ruban de bitume au milieu du désert. Ligne droite paumée au milieu de nulle part. Je bloque un peu sur paysage mais le désert ca finit par être monotone. Les panneaux indiquent Irak-Bagdad, c'est un peu chelou quand même, Bagdad, c'est pas si loin...
Et tout d'un coup Palmyre, perdue là une petite ville bordée par des champs tout verts au milieu du désert. On se tape un petit thé avant de visiter le musée. Beaucoup de statues, pas grand intérêt à vrai dire. On enchaine sur le site principal. La lumière est magnifique, je me gave sur les photos, des colonnes, beaucoup de colonnes, un théâtre super bien conservé et le temple de Bal... Un peu trop de touriste, en particulier un groupe de vieux français super cons... C'est très beau mais le fait que le site soit super grand ne donne pas l'impression monumentale de Baalbeck...
On monte ensuite vers la forteresse arabe qui domine la ville, et comme on est des vrais on y va a pied, bonne suée quand même, gros dénivelé... La vue est folle, on se pose pour fumer une clope, c'est complétement grandiose. Je mitraille comme un fou, je dois faire une centaine de photos en un quart d'heure au point que Milan me demande si j'ai des origines japonaises... Je souris mais n'aime pas trop qu'on me vanne la dessus, mon appareil me suit partout depuis que je suis là, où que j'aille il est là, fidèle comme une arme de service...
On redescend en stop avec deux retraités français qui visite la Syrie et la Jordanie dans leur fourgon aménagé puis retour à Damas dans la nuit.
On regarde Real-Lyon en terrasse avec un thé et un narghileh, je suis évidement le seul français et le seul supporter de Lyon (Milan s'en fout...) je me fais grave chambrer mais bon faut bien assumer...
Retour à l'auberge toute proche, Lyon à pris une branlée mais ca n'est pas bien grave, calage sur la terrasse à fumer des clopes jusque tard dans la nuit. Un peu d'appréhension en lisant les news du Japon...
Dernière ballade dans le vieille ville le lendemain matin, quelques courses pour les cadeaux, le retour approche à grand pas... On mange en terrasse avec Nadia, la française de l'auberge. Discussions sur nos voyages, lesquels seront les prochains? Pour ma part c'est la Turquie et l'Iran qui m'attirent le plus pour l'instant. Puis c'est le départ vers Beyrouth, Milan qui reste s'installer ici promet de passer me voir lors de ses passage à Beyrouth pour aller en cours, on a vraiment bien accroché...
Pour la première fois je dois payer mon visa d'entrée à la frontière libanaise, comme j'ai déjà profité deux fois du visa touristique gratuit je peux pas vraiment me plaindre, c'est de bonne guerre... Un pur repas m'attend, Alex a invité des potes a lui et les deux gros se sont défoncé sur le menu, salade au saumon en entrée, gratin dauphinois et entrecôte sauce au vin, puis une mousse au chocolat maison, c'est trop bon. On finit sur le toit avec un bon narghileh dans la nuit beyrouthine qui se réchauffe de plus en plus...

mercredi 9 mars 2011

Leïla Khaled


J'ai vu l'affiche par hasard « Semaine contre l'apartheid israélien ». Une série de conférences et un concert samedi soir. J'étais pressé, j'ai noté l'adresse du site et suis rentré chez moi, un coiffeur venait de me tondre comme un para, j'étais passablement énervé.
J'ai consulté le site en arrivant pendant que Sylvain se foutait de ma coupe de cheveux. Hurlement de joie. Ce soir Leïla Khaled donne une conférence à l'AUB. Sylvain approuve et Alex nous suit. J'ai du mal à réprimer mon exitation. Je vérifie trois fois les piles de mon appareil et en route vers Hamra.
Ses yeux noirs sont désormais derrière des lunettes, mais le regard reste le même que sur cette photo que j'ai souvent si souvent eu en fond d'écran. La veste de tailleur a remplacé l'uniforme et c'est maintenant un micro devant elle et non plus une kalashnikov. Mais c'est elle, je l'ai reconnue dès mon entrée dans l'amphi. Leila Khaled est maintenant une dame de 67 ans a la voix tranquille qui s'exprime en arabe littéraire. Si elle savait ce que j'ai put être amoureux de sa photo, ce qu'elle représente pour nous. Femme palestinienne, combattante d'un FPLP aujourd'hui exsangue mais qui portait les revendications de la gauche palestinienne... J'entend parler d'elle depuis tellement longtemps et voilà que je la vois, en vrai, tranquillement installée à un bureau d'amphi.
« Je voudrais dédier cette conférence aux jeunesses tunisiennes, égyptiennes et libyennes mènent des révolutions dans leur pays ainsi qu'à toutes les femmes résistantes emprisonnées dans les prisons sionistes et américaines. »
Elle parle du rôle des femmes dans la résistance, des espoirs nés des révolutions actuelles, de la stratégie Palestinienne, de l'erreur confessionnelle . La traduction n'est pas terrible, un irakien avec un accent chelou. Je dois me concentrer pour suivre, c'est assez confus. Je m'accroche et mitraille autant que je peux, y'a pas beaucoup de lumière et je suis loin, mais je fais assez de photos (130) pour en avoir des correctes.
La parole passe à une militante irakienne. Citation de Rosa Luxembourg et discours super structuré sur l'occupation. On sent une solide formation marxiste. Elle parle d'une occupation qui sous couvert de libération à surtout libéré le marché, d'une politique visant à assainir l'Irak pour de potentiels investisseurs. Ca fait du bien d'entendre ca, mine de rien le militantisme me manque. Malgré les problèmes de traduction la conférence est intéressante, mais va savoir pourquoi aucun des français si prompt à t'expliquer le Proche-Orient n'est là...
A la fin on descend pour la saluer. Sylvain se concentre pour lui traduire dans son meilleur arabe ce que je veux lui dire. Que nous sommes français, que nous connaissons son histoire et son combat, qu'elle est pour nous un symbole de la résistance et de la liberté. Je sais c'est cliché mais que dire d'autre quand on a deux minutes et dans une langue étrangère? Elle sourit. Je tremble un peu, j'ai le coeur qui accélère. Elle répond qu'elle ne peut plus retourner dans son pays pour participer à une résistance divisée et moribonde, que tout ce qu'elle peut faire c'est venir en parler à l'étranger. C'est super émouvant. Mon chapeau dans ma main se met a trembler. Elle nous salue, nous serre la main.
J'ai rencontré Leïla Khaled. Surement la seule personne de mes références politiques que je croiserais jamais vu qu'a part Angela Davis il en reste pas beaucoup encore en vie. Ca peut faire groupie mais tant pis, je suis super heureux d'avoir réussi à lui témoigner mon admiration et mon respect. Rien que pour ca ca valait le coup de venir au Liban.

dimanche 6 mars 2011

Nouvelles du front


Je sais, j'écris pas trop. Mais figurez vous que j'ai pas que ca a foutre! Qui c'est qui commande ici bordel! En plus, l'accé a ce blog étant gratuit je vois pas quoi vous vous plaignez. Y'a toujours le blog de Pierre Menez sur Yahoo! Si vous êtes pas contents.
Mais bon, en ce moment il se passe plein de trucs de fou à Furn el Shebak et comme je suis un garçon sympathique je vous les racontes.
Déja y'a un clébard enfermé sur le toit de l'immeuble. Comme il a pas de nom on a décidé de l'appeller « Khallas! », ca veut dire « Assez » et ici ca s'emploie beaucoup. On peut comme le Basta espagnol. Khallas est con comme la tourbe. Mais a se décharge passer sa vie enfermé sur un toit a prendre des branlées ca aide pas à l'emmencipation intellectuelle. (Oui je sais c'est scandaleux mais je suis pas Brigitte Bardot). Donc maintenant c'est moins agréable de se caller sur le toit vu que y'a des merdes de chien partout. Et c'est relou parce qu'avec Sylvain on aimait bien se caler sur le toit. En plus ce connard à destroyé tous les calencons de Sylvain qui séchaient et en règle générale étendre son linge avec un chien qui saute partout et essaye de se barrer dès que t'ouvre la porte c'est pénible. Bref on en est a envisager sérieusement d'en faire des chawarmas...
Mon enculé de disque dur est mort. Ou du moins dans le coma. Donc il marche plus et ca fait chier parce que non seulement j'avais choppé plein de films cools mais en plus y'a 4000 photos dessus auquelles je peux plus accéder. Donc si vous voulez voir mes photos quand je rentre vous pouvez commencer a prier.
En parlant de rentrer j'ai acheté mon billet de retour. Je serais à Blagnac le 15 avril à 9h30. La compagnie est l'ancien employeur d'Aubry (QUIZZ! Si tu trouves je te ramène un super porte clé Hassan Nasrallah.) Je suis pas super en joie a l'idée de rentrer. C'est bizarre comme sensation car beaucoup de gens commencent a me manquer mais en même temps j'ai aucune envie de quitter le Liban. Bon le point positif c'est que de Blagnac on est pas loin de du marché Victor Hugo, et je sais que vous avez deviné ce que ca signifie: CHAAAAAAARCUTERIE!!!!!! FROOOOOOMAGE!!!!
Tout le monde m'avait dit que j'allais grossir au Liban. Je m'incris en faux, c'est en renrant que je vais grossir.
Enfin, hier soir malgré l'anniversaire de la mort de Staline qui gonflait nos coeurs de larmes ben on a passé une chouette soirée dans un appart pas loin. J'ai travaillé ma valse avec sylvain, héroiquement refusé qu'on peigne un pochoir sur mon corps sculptural et trouvé plein de Johnny Walker que personne aimait sauf moi... Par contre il est de mon devoir de dénoncer d'affreuses pratiques qui ont cours à Furn el Shebak Beyrouth Est: Y'a des gens qui REFUSENT LE BOUCHON L'AMITIE! Non mais vous vous rendez compte? Je me traine une sale gueule de bois et j'ai oublié mon keffieh mais on a rien sans rien en ce bas monde.

samedi 26 février 2011

Un peu fièvre.


C'est ma semaine, après en avoir terminé avec les visites quotidiennes à l'hosto je peux enfin me dire que la session galère est terminée. Mais faut croire que c'était pas assez.
Audrey s'emmerde un peu seule a Kfifan, on part donc passer la nuit la bas. Le projet étant de buller sur la plage le lendemain. Trajet en bus vers le nord. La fenêtre à coté de moi ferme mal. Je suis dans le courant d'air. Concentration sur mon bouquin en attendant d'arriver.
La montagne libanaise. Dormir au calme. Au frais pour une fois. On bouffe tranquillement dans la gigantesque cantine du centre ou travaille Audrey (pour ceux qui aurait pas suivi c'est une pote rencontrée au réveillon). Je me réveille dans la nuit, sentant que je suis pas bien. Sylvain était malade cette semaine, je sais trop bien ce que ca veut dire.
Le lendemain, bonne petite crève sympa. J'ai mal partout, je me sent fiévreux et m'arrache la gorge en toussant. Départ pour la plage de Batroun. Pris en stop par un énorme 4x4. Entre le siège conducteur et l'accoudoir il y'a un flingue dans son étui. J'ai beau savoir que c'est courant ici j'avoue que j'ai quand même du mal à m'y faire. On s'étale enfin sur les galets. Je suis toujours pas en grande forme mais ca fait du bien de prendre le soleil. Je met les pieds dans la flotte mais elle est vraiment trop froide pour envisager de me nager.
Sylvain s'endort et Audrey attaque de se faire les ongles. L'odeur du dissolvent me file la gerbe. Lecture de XXI, un article sur un jeune phalangiste de 16 ans exécuté sur l'Ebre par des rouges de son village après son refus de se rallier à la colonne Durruti. Simone Weil explique qu'elle reste hantée par cet épisode et la mort du « petit héros ». Je sais pas trop quoi en penser. Du mal a réfléchir. Quelques photos et retour à Beyrouth.
Les journalistes sont parties. Deux meufs que Sylvain avait rencontré a l'auberge en octobre et qui revenaient faire un reportage sur les scouts au Liban, en particulier ceux du Hezb. On les a hébergé une semaine. C'était pas mal d'avoir une présence féminine dans notre appart de mec. En plus Juliette partageait mon goût pour la chanson française douteuse. Enfin quelqu'un avec qui brailler « Elle préfère l'amour en mer » et « Le coup de soleil ». On a passé une semaine à bien rigoler conclue par une soirée magique dans une ancienne usine. Arrivée en monte charge à l'étage de la soirée, open bar, son plutôt cool et Sylvain qui pour coller au thème (Porno-Chic) s'était maquillé se fait draguer par tout ce que Beyrouth compte d'homos. On me fait des compliments sur mon style, noeud pap' ouvert sur chemise blanche (pas réussi a le nouer de toute façon, puis ca fait décontract'). Je commence lentement à saisir les codes de l'élégance beyrouthine. Finalement Juliette choppe une flamande, ce qui ne manque pas de nous faire ricaner parce quand même une nuit d'amour en flamand ca doit être culte.
En partant elle nous offrent des tasses du meilleur goût: Y'a un drapeau du Liban d'un coté et quand tu met de l'eau chaude y'a le visage de Nasralah qui apparaît. Moment d'euphorie dans l'appartement.
Aujourd'hui ca va mieux, je renifle encore pas mal mais cette légère fièvre a disparu. Ca tombe bien parce que mater South Park toute la journée d'hier enfoncé dans mon duvet c'était vraiment funky.
On se prépare pour le « crunch » avec inquiétude. Mais le XV de France m'a appris qu'ils sont capable de tout, même gagner à Twickenam avec une défense en carton. On verra bien. La semaine prochaine je vais essayer de passer deux jour à Tyr, et peut être dans le Chouf druze ou paraît-il il reste des cèdres en nombre plus conséquent qu'a Bécharré.

vendredi 18 février 2011

Damascus Express



Arrive un moment ou le visa expire. Deux solutions: La sureté générale a Baabda, autant dire une ultra galère ou un voyage en Syrie. Sortir du pays pour reprendre un visa en revenant. Après un weekend somme toute assez tranquille je décolle donc lundi, seul, direction Damas. En haut de ma fesse gauche un petit kyste fait sont apparition...
Voyage en mini bus, avec deux français plutôt sympathiques. Je taxe leur Lonely Planet quelques minutes le temps de relever quelques auberges. Le projet est de passer deux jours a Damas, puis Alep, Palmyre et retour à Beyrouth le vendredi pour un weekend qui s'annonce chargé.
Il neige sur les sommets de l'Anti-Liban. Passage à la frontière. Portraits de Bachar et d'Afez. Welcome to Syria. On redescend vers Damas qu'on devine déjà au loin. Arrivée sur les longues autoroutes qui rentrent dans la ville. Coup de froid, la mer est loin, on perd 7 ou 8 degrés par rapport à Beyrouth. Je resserre mon écharpe et ferme mon cuir.
L'auberge est chouette, proche du centre, pas super chère. Je m'allonge un peu sur mon lit. Pas beaucoup dormi, fatigué du voyage. Une meuf rentre dans le dortoir et s'allonge sur son lit. Elle a vraiment une sale gueule, je lui demande si ca va, apparemment c'est pas la grosse pêche. Fiévreuse, mal foutue, les yeux cernés. Je lui file deux dolipranes que j'ai emportés par hasard et file faire un tour dans la vieille ville.
Beaucoup de monde autour de la mosquée ommeyade. Je contourne vite fait, j'ai déjà visité la dernière fois. La vieille ville, petites ruelles toutes blanches. Les souks immenses. C'est ce qui n'existe plus à Beyrouth, trop de guerre, trop de bombardements. Reconstruit n'importe comment.
Je fais quelques photos. Retour au noir et blanc, ca faisait longtemps. Pour une fois le résultat me plait. La nuit tombe, je retourne à l'hotel. La meuf est toujours à l'agonie. Re-doliprane et un peu des abricots secs que j'ai acheté dans le souk. En me couchant légère brulure du kyste.
Réveillé en pleine nuit par ma voisine qui délire dans son sommeil. J'attends qu'elle se réveille, elle est brulante. Ma tablette de doliprane diminue.
Le lendemain retour dans les souks. Après de longues recherches infructueuses je finit par trouver la perle rare: un maillot de l'équipe de foot de Syrie. Négociation et celui de la Palestine pour la moitié du prix. Je fourre les deux dans mon sacs, content de moi, ma collection s'agrandit. Comme on dit:ca c'est fait. Je me paume dans les souks. Deux bonnes heures à vadrouiller sans savoir ou je suis avant de retomber sur la mosquée. Je continue a faire des photos mais j'ai mal à la fesse.
A l'auberge rencontre avec Félix qui vient s'installer six mois. Il m'amène dans un bar du vieux Damas. « Abou Georges », deux mètres sur trois, on est cinq dans le bar et c'est blindé. Derrière le comptoir le patron doit friser les 130 kilos. Sur les murs les pin-up côtoient les pochettes de vinyles. On enchaine les bières en discutant.
En rentrant j'ai vraiment mal. Il se passe un truc pas normal. Miroir, énorme abcé sur la fesse, c'est crade et ca fait mal. Nuit atroce, je dors pas beaucoup. Mal a chaque fois que je joue et il me reste presque plus de doliprane. Je regrette de les avoir lâchés... La suite du voyage semble compromise.
Le lendemain l'abcé a encore gonflé, j'ai putain de mal. La décision s'impose retour à Beyrouth. Je passe le trajet à mordre mon écharpée. Chaque virage me fait mal et chaque trou dans la route aussi, et en Syrie le goudronnage laisse à désirer. C'est assez atroce.
J'arrive a l'appart en hurlant que j'ai mal au cul. Sylvain et Alex arrêtent de se marrer en voyant ma tronche. Départ pour l'hôtel dieu de France, l'hosto français proche de chez moi. Dans la salle d'attente des urgences l'infirmière de triage me dit de m'assoir pour attendre. Je lui dit que je préfère rester debout. Au bout de cinq fois je lâche passablement énervé: « J'ai un abcé au cul connasse! » (non en vrai j'ai pas dit connasse mais je l'ai pensé très fort). Après un rapide examen je retourne en salle d'attente. Le toubib débarque: « C'est qui l'abcé annal? » Je tente de garder ma dignité devant les 15 personnes qui se tournent vers moi. « Bon on va drainer l'abcé » comme si c'était une super nouvelle. J'ai un peu peur et la suite me donne raison, je douille grave! Je mords dans le drap jusqu'à le déchirer et l'interne apprend bon nombre de nouvelles insultes françaises. Après une dose massive de pus extraite de ma fesse ca finit par aller mieux... Pose du pansement sans prendre la peine de raser (cadeaux l'épilation gratuite le lendemain). Je rentre chez moi soulagé mais j'ai toujours mal. Dose massive d'antibio, anti-douleurs et une semaine a aller tous les jours à l'hosto changer le pansement. C'est moyennement agréable vu qu'ils mettent un drain dans l'abcé et que hier l'infirmière la porte ouverte deux longues minutes pendant que j'ai le cul a l'air plein de bétadine. Je suis pas particulièrement pudique mais bon...
Ca va mieux, j'ai de moins en moins mal, et ca fait un truc rigolo à raconter mais bon, je m'en serais bien passé, surtout que demain c'est grosse teuf et que je vais tourner au Coca à cause de l'Augmentin.  

Les photos de Damas étant trop lourdes vous avez droit à mon pansement.

jeudi 10 février 2011

Rando


On quitte Beyrouth mardi aprem avec Sylvain, direction Kfifan, petit village paumé sur la route de Tripoli pour un repas d'anniversaire. C'est surtout l'occasion de voir Audrey, snowboardeuse de St-Pierre de chartreuse rencontrée au réveillon et qui en dépit de son habitat lointain est devenue une pote. Grande amatrice de la liqueur verte qui fait la réputation de son bled et capable de balancer des vulgarités qui chez une fille qui dépasse péniblement le mètre soixante laissent songeur. Elle persiste à m'appeler Karl, en souvenir du réveillon ou j'avais évoqué mes tendances marxistes avec sa frangine alors en visite au Liban en goutant avec délectation à la Chartreuse qu'elle n'avait pas manqué d'amener... (a ce propos saviez vous que les moines chartreux portent un silice en permanence? C'est crade hein?) Gratin dauphinois et ratatouille, pur bon repas avec joie suprême sur la fin: du fromage de chèvre et une baguette! On passe une soirée tranquille, et on reste dormir sur place avec en fond sonore les aboiements des coyotes (pas sur que ce soit vraiment des coyotes mais ca y ressemble) auxquels répondent les chiens du village.
Départ a 9h pour la Kadisha toute proche, objectif une rando dans la vallée sur les chemins qui relient les nombreux monastères et ermitages de la vallée sainte. Manouchés au fromage pour le petit dèj et c'est parti. Le chemin serpente au fond la vallée, longeant la petite rivière qui se jette dans la mer quelques kilomètres plus loin. Sylvain et Audrey discutent de Lyon ou ils font leur études. Ca donne sacrément envie d'aller voir à quoi ca ressemble, en tout cas ca sonne comme une chouette ville. Je promet d'être là pour les nuits sonores, sans savoir si ca sera possible. La collègue d'Audrey nous parle de Liège et de Bruxelles, ou l'eau coute plus cher que la bière. J'évoque la Gouden Carolus et la Karméliet et mon goût pour les triples (mais pas les quadruples, dont la trop forte alcoolémie finit par tuer le goût)... Hochement de tête approbateur, ce qui de la part d'une belge vaut cher pour un amateur de bières.
On arrive à un ermitage une grotte dans la falaise ou réside le père Escobar, maronite colombien qui nous paye le café et nous parle des vertus de la feuille de Coca, de comment il a prié pour que Ratzinger devienne Pape et de son expérience à l'église maronite Miami. Il commente ensuite un bout de « mots croisés » sur France 2 qu'il à vu la semaine dernière. C'est un peu chelou pour un ermite de regarder la télé non? C'est complétement surréaliste. Il y'a aussi une bonne soeur bretonne qui passe au Liban avant de se rendre en Irak répondant à l'appel de Rome d'aller soutenir les chrétiens d'Irak dans leur malheur. Je lui parle brièvement de la presque-ile de Crozon mais je pense pas qu'on aime vraiment la même Bretagne.
Le problème quand tu marche au fond d'une vallée c'est qu'a un moment faut en sortir, on se tape un putain de dénivelé pour remonter. Le paysage est magnifique, je regrette un peu d'avoir laissé mon appareil à Beyrouth mais vu les endroits ou on passe vaut mieux que je sois concentré sur comment ne pas me vautrer qu'occupé à faire des photos. Je suis toujours pas fan de rando. Ca change pas. Mais c'est bon de prendre l'air un peu. Sortir de Beyrouth. On arrive enfin en haut après cinq bonnes heures de marche quand même. Je m'étire en discutant avec Audrey et songe au entrainements des Partizans ou Paulo gueule quand fait les cons au lieu d'écouter ses consignes. C'est bon de faire du sport mais la marche vaut pas un bon vieux match de foot.
Retour à Beyrouth pour France-Brésil sur TV5 monde. Réflexion sur l'intelligence des gens qui font jouer un match de foot au Stade de France au milieux du Tournoi, ou comment être sur d'avoir une pelouse pourrave. Mais bon on va quand même pas faire jouer les bleus ailleurs qu'a Paris hein. Bandes de connards. En parlant du Tournoi on a vu France-Ecosse avec Sylvain et ce qui est sûr c'est qu'on sera pas champions du monde avec une défense comme celle là et que je commence a avoir de sérieux doutes sur Liévremont: Traille a l'arrière, ben oui bien sur il a un sens du jeu hors du commun...
Voilà pour mes analyses sportives que vous attendiez tous. En attendant je pars en Syrie la semaine prochaine et demain direction Saida avec Alex. Je commence aussi a regarder les billets retour... Ca passe vite, trop vite, j'ai pas envie de rentrer...

ps: Révélation de la journée: la lessive à la main c'est putain de chiant!!!  

mercredi 2 février 2011

Retour a Furn el Shebbak.


Ben voilà, on s'est fait jeter de l'appart de Bachoura. Victor est rentré en France et Mathilde habite maintenant avec 2 filles espagnoles et un mec qui ressemble tellement à David Villa que quand il est allé réciter un truc de Neruda à la soirée Slam (même pas capable d'écrire un truc) je pouvais pas m'empêcher de l'imaginer habillé en joueur de foot. Je l'ai dit a Sylvain, ça nous a fait ricaner un moment. D'ailleurs je sens que vous vous demandez tous: « mais c'est quoi cette histoire de Slam foutre dieu!? ». En fait c'est une pote, Anais, qui organisait une soirée Slam a Gemmayzé, j'étais pas super chaud pour lire un truc mais en arrivant avec Sylvain on nous a dit que si on récitait un truc on avait droit a un verre gratuit. Ni une ni deux j'ai écrit un truc sur un bout de papier et en avant guingamp! L'expérience a été plutôt concluante: j'ai eu des bonnes notes et même un compliment de la meilleure slameuse libanaise de l'histoire. Sylvain a carrément gagné la compétition, mais aucun mérite il fait du théâtre depuis tout gosse... La prochaine fois je prendrais le temps de bosser un peu et moi aussi je gagnerais... Y'a pas de raison!
Ca me gonfle de plus habiter à Bachoura. L'appart était juste génial. J'avais une grande terrasse avec vue sur la mer. Et c'est quand même plus classe que la pissotière d'Arnaud B. où tout le monde vient gerber parce que quand même le Communard ils sont cools alors on évite de leur pourrir les chiottes, en plus maintenant c'est Basile qui fait le ménage.
Sinon aujourd'hui c'est journée de merde: le master auquel je pensais postuler à l'université libanaise de Beyrouth (journalisme francophone) s'arrête l'an prochain, résultat: dans ton cul! Apprendre ça au réveil je vous garantie ca aide pas à commencer une journée. Si derrière tu te rends compte que ce con d'iphoto a effacé toutes les retouches que j'avais sur les 4700 photos qu'il contenait ben tu te pose sérieusement la question de retourner te coucher... Bon j'ai pas perdu les photos, juste les versions retravaillées, ce qui représente quand même pas mal de taf...
En ce qui concerne les points positifs, j'habite maintenant avec Sylvain, alias 20Syl, alias Souss'. Il étudie la littérature arabe à l'université islamique et parle mieux que je ne parlerais jamais. Le retour a Francais Land est plus supportable avec lui: c'est un gauchiste, il lit le diplo et partage mon aversion pour les gros cons de droite. Si vous pensez que c'est un intello c'est que vous l'avez jamais vu devant un match de l'OL. Enfin on est bien décidés à foutre la révolution dans notre immeuble et c'est plutôt cool. Mon deuxième coloc c'est Alex, alias The Dude, alias Frère Tuck. Il à 19 ans, ce qui en fait est très drôle: il connait pas Tostaky, ni Bernie, ni pas mal de truc que Sylvain et moi considérons comme cultes. En plus là il vit son premier chagrin d'amour, il est persuadé qu'il va en crever...C'est mignon.
Alex hier soir, apprenant que Sylvain a acheté du rouge pour le repas...
Bref, nous avons un super appartement plein de bières et de joie de vivre où s'épanouissent vulgarité et expressions fleuries. Mais où Sylvain maintient un niveau culinaire qui fait la joie de ses colocataires. Et en plus j'ai maintenant un lit KING SIZE (en fait c'est deux lits 1 place collés) et c'est quand même super cool de pouvoir a nouveau faire l'étoile de mer dans mon plumard.
Voilà, je vais bosser un peu mon arabe, j'ai cours tout a l'heure... A bientôt pour de nouvelles aventures sous le soleil Beyroutin.