vendredi 18 février 2011

Damascus Express



Arrive un moment ou le visa expire. Deux solutions: La sureté générale a Baabda, autant dire une ultra galère ou un voyage en Syrie. Sortir du pays pour reprendre un visa en revenant. Après un weekend somme toute assez tranquille je décolle donc lundi, seul, direction Damas. En haut de ma fesse gauche un petit kyste fait sont apparition...
Voyage en mini bus, avec deux français plutôt sympathiques. Je taxe leur Lonely Planet quelques minutes le temps de relever quelques auberges. Le projet est de passer deux jours a Damas, puis Alep, Palmyre et retour à Beyrouth le vendredi pour un weekend qui s'annonce chargé.
Il neige sur les sommets de l'Anti-Liban. Passage à la frontière. Portraits de Bachar et d'Afez. Welcome to Syria. On redescend vers Damas qu'on devine déjà au loin. Arrivée sur les longues autoroutes qui rentrent dans la ville. Coup de froid, la mer est loin, on perd 7 ou 8 degrés par rapport à Beyrouth. Je resserre mon écharpe et ferme mon cuir.
L'auberge est chouette, proche du centre, pas super chère. Je m'allonge un peu sur mon lit. Pas beaucoup dormi, fatigué du voyage. Une meuf rentre dans le dortoir et s'allonge sur son lit. Elle a vraiment une sale gueule, je lui demande si ca va, apparemment c'est pas la grosse pêche. Fiévreuse, mal foutue, les yeux cernés. Je lui file deux dolipranes que j'ai emportés par hasard et file faire un tour dans la vieille ville.
Beaucoup de monde autour de la mosquée ommeyade. Je contourne vite fait, j'ai déjà visité la dernière fois. La vieille ville, petites ruelles toutes blanches. Les souks immenses. C'est ce qui n'existe plus à Beyrouth, trop de guerre, trop de bombardements. Reconstruit n'importe comment.
Je fais quelques photos. Retour au noir et blanc, ca faisait longtemps. Pour une fois le résultat me plait. La nuit tombe, je retourne à l'hotel. La meuf est toujours à l'agonie. Re-doliprane et un peu des abricots secs que j'ai acheté dans le souk. En me couchant légère brulure du kyste.
Réveillé en pleine nuit par ma voisine qui délire dans son sommeil. J'attends qu'elle se réveille, elle est brulante. Ma tablette de doliprane diminue.
Le lendemain retour dans les souks. Après de longues recherches infructueuses je finit par trouver la perle rare: un maillot de l'équipe de foot de Syrie. Négociation et celui de la Palestine pour la moitié du prix. Je fourre les deux dans mon sacs, content de moi, ma collection s'agrandit. Comme on dit:ca c'est fait. Je me paume dans les souks. Deux bonnes heures à vadrouiller sans savoir ou je suis avant de retomber sur la mosquée. Je continue a faire des photos mais j'ai mal à la fesse.
A l'auberge rencontre avec Félix qui vient s'installer six mois. Il m'amène dans un bar du vieux Damas. « Abou Georges », deux mètres sur trois, on est cinq dans le bar et c'est blindé. Derrière le comptoir le patron doit friser les 130 kilos. Sur les murs les pin-up côtoient les pochettes de vinyles. On enchaine les bières en discutant.
En rentrant j'ai vraiment mal. Il se passe un truc pas normal. Miroir, énorme abcé sur la fesse, c'est crade et ca fait mal. Nuit atroce, je dors pas beaucoup. Mal a chaque fois que je joue et il me reste presque plus de doliprane. Je regrette de les avoir lâchés... La suite du voyage semble compromise.
Le lendemain l'abcé a encore gonflé, j'ai putain de mal. La décision s'impose retour à Beyrouth. Je passe le trajet à mordre mon écharpée. Chaque virage me fait mal et chaque trou dans la route aussi, et en Syrie le goudronnage laisse à désirer. C'est assez atroce.
J'arrive a l'appart en hurlant que j'ai mal au cul. Sylvain et Alex arrêtent de se marrer en voyant ma tronche. Départ pour l'hôtel dieu de France, l'hosto français proche de chez moi. Dans la salle d'attente des urgences l'infirmière de triage me dit de m'assoir pour attendre. Je lui dit que je préfère rester debout. Au bout de cinq fois je lâche passablement énervé: « J'ai un abcé au cul connasse! » (non en vrai j'ai pas dit connasse mais je l'ai pensé très fort). Après un rapide examen je retourne en salle d'attente. Le toubib débarque: « C'est qui l'abcé annal? » Je tente de garder ma dignité devant les 15 personnes qui se tournent vers moi. « Bon on va drainer l'abcé » comme si c'était une super nouvelle. J'ai un peu peur et la suite me donne raison, je douille grave! Je mords dans le drap jusqu'à le déchirer et l'interne apprend bon nombre de nouvelles insultes françaises. Après une dose massive de pus extraite de ma fesse ca finit par aller mieux... Pose du pansement sans prendre la peine de raser (cadeaux l'épilation gratuite le lendemain). Je rentre chez moi soulagé mais j'ai toujours mal. Dose massive d'antibio, anti-douleurs et une semaine a aller tous les jours à l'hosto changer le pansement. C'est moyennement agréable vu qu'ils mettent un drain dans l'abcé et que hier l'infirmière la porte ouverte deux longues minutes pendant que j'ai le cul a l'air plein de bétadine. Je suis pas particulièrement pudique mais bon...
Ca va mieux, j'ai de moins en moins mal, et ca fait un truc rigolo à raconter mais bon, je m'en serais bien passé, surtout que demain c'est grosse teuf et que je vais tourner au Coca à cause de l'Augmentin.  

Les photos de Damas étant trop lourdes vous avez droit à mon pansement.

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