Français à Monot, je suis là par hasard, appercu les gens depuis mon service, je suis descendu les rejoindre. Pas trop envie de rentrer de toute façon.
Hole in the Wall, trou dans le mur, bar pour étudiants étrangers, Almaza glacées et Jack pour moi, pourquoi est il meilleur ici qu'en France?
Dégripper les rouages, faire comme si, brulure dans la gorge à la première gorgée, ça ira mieux dès la deuxième, je m'en fait pas. Blind test avec Lully qui triche, Pink Floyds, Doors, Nirvana... 4-3 pour elle mais je conteste le score, la pierre de mon zippa rend l'âme, je me déchire le pouce à essayer de l'allumer.
Flics en patrouille, M-16, AK-47 qui ne sont plus des images dans counter strike mais bien réelles.
Ca crache du fer qui rentre dans la chair, ça tue des gens, ça assassine le Liban, ça n'a rien de romantique une arme.
Monot, près de la ligne verte, 16 ans de guerre, ligne de front. EAST-WEST Beirut. Civils qui cavalent pour fuir les balles et pas loin de nous immeubles dévastés par la folie furieuse d'un proche orient éclaté aurait dit Georges Crom, plutôt hardcore tout ça, pas très sympa, gorgée de Jack pour pas trop réfléchir. Marseille à gagné, 7-0, les français sont contents, merci Lucho.
Le serveur est membre des forces libanaises, parti chrétien pas cool du tout, impliqué dans Sabra et Chatila je crois, je me souviens plus. Il prend la tête à un mec du groupe, lui explique pourquoi le FN est le meilleur parti français. Il fait 100 kilos, je ferme ma gueule comme toujours depuis que je suis arrivé.
Taxe des clopes, mon paquet est fini, à 1$ le paquet ici on les lâche plus facilement. Un couple s'embrouille en anglais derrière nous, You are an asshole!!!, je sais pas ce qu'il lui à fait mais ca devait pas être cool parce qu'elle est salement véner. Leurs potes les séparent et le mec s'en va, dépité.
C'est indécent? Je me rend pas compte, boire des coups sur la ligne verte. Ce qui compte c'est la drague, les gens dansent, s'effleurent et parfois, quand ça marche, s'embrassent. Fond de rock old school, Born to be wild, un deuxième Jack? Pas ce soir merci, pas envie de boire.
Milices chrétiennes, Palestiniens, Chiites, Sunnites? Ca s'embrouille grave dans ma tête. Mention à ma licence, bonnes notes en Géopolitique du Proche-Orient, mémoire de master sur la politique libanaise pour m'apercevoir que j'y connais que dalle. Ici rien n'est pareil, mes bouquins ne servent à rien pour comprendre. Il est où Henri Laurence? Je capte rien à ce qui se passe bordel, pourquoi il m'explique pas. Quartier chrétiens, drapeaux des forces libanaises, un cèdre dans un rond rouge, sur fond blanc, aux balcons, dans les rues, tagués sur les murs. Un peu plus loin vers la place des martyrs il y'a le tombeau de Rafik Harirri et un grand portrait de son fils sur un immeuble. Il font comment pour s'y retrouver les libanais?
Au milieu de ça, des bars partout, des bloody mary, long island ice tea, shooters d'absynthe au comptoir pour les étrangers, le bar ressemble à n'importe quel autre que l'on touve en France... Boire pour oublier? Oublier, c'est ce qui semble être le mot d'ordre ici, les libanais parlent peu de la guerre, ou peut être que j'en connais pas assez, ou pas assez bien. A la réflexion c'est surement ça.
Beyrouth, bouge, se construit, se reconstruit, sans cesse en mouvement. Multidialectale et polymorphe. Elle change et se réinvente, elle renait, elle survit. Beyrouth ne meurt pas, elle pense ses plaies et continue, ne lâche pas l'affaire, jamais, les libanais y veillent. Et je suis prêt à parier un autre whisky que si je reviens dans un an tout aura changé. Sauf peut être la fête qui bat son plein passé 22h.
Je suis le seul clair de toute la bande, ça hésite ferme, on va en boite? Un mercredi? Mauvaise idée, je baille, je veux rentrer. Beyrouth vit la nuit. Moi pas encore, mais ca viendra si je fais pas gaffe, vampire libanais, ici Twilight est plus populaire que n'importe où.
Retour à pied en jouant au foot avec canette de bière allemande, marcher dans Beyrouth, hérésie, ici les gens prennent un taxi pour 800m. Rue de Damas, Ambassade de France protégée par des blindés, les soldats on l'air de se faire chier en nous regardant passer. Lilly juchée sur les épaules d'un mec, on raconte des bêtises, tout ça c'est pas bien grave. Les filles débriefent la soirée, cru comprendre qu'un mec plaisait à Cécile alors elle en discute avec Claire, c'est peut être pas du tout ça, ça m'intéresse pas vraiment. Le Real a arraché le nul à Milan malgré Pippo, trop de madridistes ici, je sais pas pourquoi. La Champions League c'est l'occaz pour moi de passer voir Joseph et Elie au Kamelot, je la rate jamais, on rigole bien. Parfois Gainsbourg chante dans la sono, on claque des doigts en rythme en regardant Cristiano Ronaldo se rouler par terre, Black Trombone.
Plus tard? Bouquin de Dantec, eau fraiche et sommeil, demain il fera beau sur le Liban...
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