Aujourd'hui, 22 novembre, c'est la fête nationale au Liban. Célébration de l'indépendance en 1943, fin du mandat Français qui avait débuté à la suite de la 1ere GM. Les vainqueurs qui se partagent le Proche-Orient et tout ça, c'est plus ou moins l'intro du mémoire moisi que j'ai commis l'année dernière.
En France je suis fidèle à Brassens, la musique qui marche au pas cela ne me regarde pas, donc le 14 juillet c'est grasse mat', une pensée pour Léo Ferré et Perceval (le poisson rouge de la colloc') qui sont morts ce jour là... Plutôt crever que regarder le défilé. Mais ici je me suis dit que ca faisait partie de la découverte, et que j'aurais surement pas l'occasion de voir ça à nouveau. Donc ce matin réveil à 8h (dur), grosse tête dans le cul et dose massive de caféine. Je retrouve Alexis, le voisin suisse du dessus, qui m'apprend que la Confédération Helvétique à choisi dans les années 70 le 1er aout comme fête nationale sans que ca corresponde à un fait historique juste parce qu'ils ont percutés qu'ils avaient pas de fête nationale. Sur ce, en route vers le centre ville ou doit passer le défilé.
En arrivant aux abords de la place des Martyrs toutes les rues sont bloquées par des barrages de soldats qui nous empêchent de passer et nous éloignent toujours plus de la place. Après plusieurs tentatives systématiquement refoulées je commence à me regretter mon lit. Situations bizarres, personne dans les rues, on marche à 3 en plein milieu d'une grande avenue complétement vide que j'ai parfois mis un bon quart d'heure a traverser tellement il y'avait de bagnoles. On aperçoit d'autres français qu'on connait vaguement mais qu'on ne peut pas rejoindre à cause des barrages... Et toujours les soldats qui nous disent de continuer sur l'avenue de plus en plus loin de la place des Martyrs. Avec tous les mecs qui bloquent les accès je me demande si il va rester des gens pour défiler.
Bref on finit par retrouver les autres, et continue notre route vers Downtown avant d'obliquer vers la mer pour contourner la place et essayer d'y accéder par l'autre coté. Après une bonne marche on finit par trouver un endroit ou l'on peut s'approcher, portiques de sécurité, fouille des sacs, on me demande de faire une photo pour vérifier que mon appareil en est bien un. Vu qu'ici l'assassinat d'homme politique est quasi un sport national c'est pas vraiment étonnant. On arrive enfin au bord de l'avenue, très peu de monde, on doit être une quarantaine et la majorité sont étrangers, visiblement les libanais regardent le défilé a télé plutôt qu'en vrai.
Le truc c'est qu'on est vraiment tout à la fin du parcours, loin de la tribune officielle, donc quand les gens passent devant nous ils sont plus vraiment à fond, ca dépend des groupes en fait. Certains chantent et marchent au pas, appliqués, d'autres crient et rigolent, ca fait pas très sérieux. On voit passer plusieurs bataillons différents, sans vraiment savoir qui ils sont. Les chasseurs alpins ont la classe, skis sur l'épaule, tout en blanc, stylés vraiment. Les démineurs avec leurs chiens, les « CRS » avec casques et boucliers... Puis arrivent les sportifs, ceux du taekwondo en kimono, suivis par les escrimeurs qui défilent avec leur fleuret. Le Lions Club International (je sais pas ce qu'ils foutaient là), et les scouts aussi, en uniformes de scouts, assez bizarre. Beaucoup de véhiculer blindés ensuite, de l'auto-mitrailleuse à l'énorme char d'assaut, en passant les lance missiles... Je fais des photos de façon machinale en racontant des conneries à mon voisin. Puis arrivent les hélicoptères, une douzaine qui passent au dessus de nous, je pense à Apocalypse Now mais ne retrouve pas l'air de la chevauchée des Walkyries. En face de nous l'hélicoptère présidentiel se met en marche, le défilé est fini, le président va partir, le convoi arrive, une mercedes blindée entourée d'énormes 4x4. J'ai foiré la photo, elle est floue, on devine un mec qui monte dans l'hélico au milieux des gardes du corps. C'est con j'aurais peut être réussi à la vendre à un journal français...
Les militaires enlèvent les barrières, les gens s'en vont et on se dit qu'un vrai petit dèj serait une bonne idée. On remonte donc l'avenue du défilé, et on arrive devant la tribune officielle, on passe en plein milieux de tous les officiers en grande tenue qui serrent la main du chef des forces armées, il y'a les ambassadeurs de plein de pays qui montent dans leur voitures de luxe, l'Évêque de Beyrouth et le chef de l'église orthodoxe au Liban, j'ai fait un détour de 5 mètres pour pas passer sur le tapis rouge mais honnêtement je pense que j'aurais pu sans problème le traverser. Personne ne semble se demander ce qu'on fout là, sapés n'importe comment en train de faire des photos au milieux des officiels. Question sécurité c'est quand même assez moyen, c'était bien la peine de nous faire crapahuter deux plombes vu qu'à peine le défilé fini on s'est retrouvés au milieux de tous les officiers supérieurs de l'armée qui se mettent au garde a vous pour l'hymne national. On rigole cinq minutes, en se disant que quand même c'est franchement bizarre d'être là.
La matinée se finit autour d'un café et de quelques victuailles. Je fais plus ample connaissance avec les gens rencontrés au défilé grâce à Pierre, des français vraiment cool, étudiants en littérature arabe à l'université islamique de Beyrouth et une québécoise avec un accent à peine envisageable. Ça fait du bien de sortir du microcosme USJ/Forn el Shebbak. J'espère les revoir bientôt. Demain je pars 2 jours à Tripoli, la deuxième ville du Liban dans le nord du pays. Je vous raconterais tout ca en rentrant.
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