jeudi 11 novembre 2010

Flashs.

Fixer. Les photos servent à ca. Placer dans ma mémoire les images de Beyrouth. Depuis le toit de l'immeuble, dans les rues, les bars, la plage et et la mer méditerranée qui baigne la ville. Prendre le temps de faire une photo. Je m'y consacre pas assez. Pourtant c'est surement à ces moments que je pense le plus, et le mieux, que j'assimile et comprend un minimum ce qui se trame ici. Après tout une photographie arrête le temps non?

Les chrétiens du 14 mars (vaste regroupement de partis politiques pour former un joli gouvernement d'union désuni) tirent la sonnette d'alarme, c'était la une de L'Orient Le jour, le grand journal francophone. Pour qui? Pourquoi? Comme si l'alarme ne sonnait pas en permanence au Liban. Urgence. De vivre, de continuer, d'oublier. Urgence de reconstruire. De faire table rase. La grue comme symbole du Liban, j'en ai vu beaucoup mais encore aucun Cèdre. En même temps je suis pas vraiment sorti de Beyrouth.

Au coeur de la nuit j'oublie parfois, samedi soir, gros son, alcool et dancefloor queens. Les nuits sont différentes et toutes les mêmes. Il suffit d'y mettre du sien et la soirée peut se dérouler partout. Toulouse-Barcelone-Beyrouth... Quelle différence tant que les coeurs se réchauffent?

Le toit de l'immeuble, rendez vous incontournable pour les français du quartier, au point que certains ont hissé un drapeau au sommet. Mal à l'aise, j'ai bougé. Quelques bières, commentaires d'étudiants sous les étoiles et les lumières de Beyrouth de nuit. Presque à perte de vue. Là bas, derrière la ligne d'immeubles, il y'a la mer.

Coucher de soleil, les phares des voitures prises dans les gigantesques embouteillages de la ville. En contrebas une ambulance de la croix rouge prise dans l'immobilité du boulevard fait hurler sa sirène.
Presque 18h, déjà. Jaune, rouge, noir dans le ciel de la ville. Les façades de bétons changent de couleurs, les lumières s'allument. Dernière cigarette face au soleil, Alex à coté de moi me parle de sa vie en France, de l'iep d'Aix, de L'Unef, ou de Kaamelott, de Choron et Hara Kiri, de tout ce que nous partageons, même ici.

Barbecue à Ashrafieh, la colline au dessus de Gemmayze, immense appart un peu destroy, 3 terrasses, plusieurs salles de bain, et les braises qui crépitent. Grande discussion avec Pierre (un autre hein, je suis pas encore barjot) sur la chanson française. Plus tard il s'acharne sur son accordéon, Ginette des Têtes Raides dans la nuit Beyrouthine, envie de pleurer quand je l'écoute, il est super bon et ne m'en veut même pas de chanter faux le Léo des VRP. De toute façon je suis le seul à l'accompagner... Puis un slow sur le Toulouse de Nougaro. Nostalgie? Même pas. Terminé tous les deux dans l'appart vide à écouter Mano Solo en regardant le soleil se lever.

Premier cours d'arabe. Assis dehors, dans la rue, au milieu des passants et des cuistots du resto à coté en pause clope. Feras rigole en essayant de me faire prononcer les différents A de la langue. Pas évident, plusieurs sons n'existent ni en français ni en anglais, je galère bien entre les ha, aa, kha, ra... Ca viendra avec la pratique il paraît, en attendant je révise les jours de la semaine, les nombres, les mois, les couleurs... Et j'ai aussi appris a dire « je voudrais une bière fraiche. ». La base.

Il ne pleut toujours pas, même les libanais hallucinent, je suis tombé sur un automne exceptionnellement sec et chaud. Gilbert est inquiet pour nos sorties ski de l'hiver. Moi c'est surtout les coupures d'eau qui me gavent. Terminer une douche à l'eau minérale. Pas bien grave après tout.

Ca fait que des petits bouts, quotidien de petits bouts, dans un pays ou tout semble en petit bouts, la ville divisée en quartiers confessionnels, 18 religions, 18 petits bouts de Liban. Mais il y'a 24 poses sur mes péloches. 24 fois le temps d'essayer de comprendre.

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