dimanche 5 décembre 2010

Une nuit à Gemmayzé

Hier soir rien n'était prévu, je glandais chez moi en retouchant les photos de la semaine. Les voisins n'étaient pas motivés... Mais comme souvent c'est les soirées imprévues qui sont les meilleures. Sylvain un pote français avait des trucs à oublier, mais je pense pas qu'il voudrait que je donne trop de détails.
Il m'a appelé vers 18h hier soir avec un grand besoin de faire la fête et une proposition de tournée des bars de Gemmayzé plutôt emballante. Apéro chez moi, bières et un Fernet Coca bien frais. On s'échauffe un peu et on sort manger un truc, énormes cheese burgers frites et nouvelles bouteilles d'Almaza. Service jusqu'à Gemmayzé, quelques coups de fils infructueux et négociation avec le chauffeur.
Le Démo, bar un peu à l'écart de la rue Gouraud, Manu Chao et Gainsbourg, ricard dosé n'importe comment. Putain de yaourt que je met deux plombes à finir. Discussions sérieuses, Montpellier, Frêche, Europe Écologie, mouvements sociaux... Un français avec la tête de Dominique Pinon vient se joindre à nous. Qu'est ce qui vous manque de la France? La charcuterie et Libé tous les matins. Pour les autres c'est les huitres, France inter, et pas mal de petites chose du quotidien. Pas de nouvelles de Mathilde ma future colloc' qui devait nous rejoindre. La langue anesthésiée par le pastis on bouge vers le Torino. Passage devant le Kamelot vide. Rapide salut de la main au serveur qui se fait chier derrière son bar.
Musique electro, beaucoup de monde. Lilly et Coline déjà bien entamées qui nous tombent dans les bras. Bloody Mary super épicés, shooters de tequila, on rejoint peu a peu les filles dans la cuite. Julien Doré à bloc dans le bistrot, bizarre d'habitude la playlist à quand même plus la classe. Shooters après shooters on finit par être vraiment chauds. Les discussions ont perdu de leur sérieux. Les serveurs sont débordés, la musique de plus en plus forte, l'ambiance chauffe et je passe le doigt dans le col de mon tee shirt. Les gens dansent dans le demi mêtre carré dont dispose chacun dans le bistrot bondé. On monte sur les chaises, les tables, le comptoir. Danser encore et tant pis si demain on à des courbatures. Sylvain et moi nous appliquons à finir nos verres, scotché au bar, en bons piliers de comptoir. Pas une tournée offerte malgré le nombre de verres, et n'étant pas des filles c'est plus dur de se faire payer un coup. Ça coute cher une soirée à Beyrouth, mais la nuit est trop belle pour songer à s'arrêter si tot.
Mojitos de haut niveau, Coline boit sans vergogne dans mon verre, Sylvain se marre tandis que la moitié des mecs du bar tentent de s'approcher des filles qui sont avec nous. Lilly se barre et nous finissons nos verres en parlant distraitement. Derrière le comptoir les serveurs commencent à pouvoir souffler. De moins en moins de monde, l'impression d'étouffement s'estompe avec le départ des clients. J'ai de la menthe entre les dents, c'est désagréable.
On titube péniblement jusqu'au Kamelot, tout près. Finir la nuit dans un endroit connu, un refuge. Je commence à connaître chaque graffitis qui décorent les murs. Les serveurs hochent la tête en voyant les nôtres lorsqu'on fait notre entrée. On est les seuls clients du bar et d'autorité deux whiskys arrivent devant nous, le serveur s'en sert un pour trinquer. Je fais tourner les glaçons avant de boire. La télé diffuse un match russe sous la neige, ballon orange, c'est super moche.
Arrivent Lara, la serveuse avec qui je tripe bien et sa meilleure pote ,Elian, surement la plus jolie libanaise que j'ai vue depuis mon arrivée. Elle à changé de coupe de cheveux, elle à un piercing en haut de l'oreille que je n'avais jamais remarqué. Il y'a déjà un moment je lui ai donné mon numéro, elle n'a jamais appelé. Elle passe a coté de nous sans m'accorder un regard ou un bonjour. Je trinque avec Sylvain, finit mon verre et fais signe au serveur de remettre la même. Il jette un œil sur Elian, me sourit l'air désolé et attrape la bouteille de Jack. Celui là c'est celui de la maison. J'explique la situation à 20Syl, il se marre comme un sonneur en oubliant que si on est là c'est justement pour célébrer une de ses foirades sentimentales. Il tente vainement d'engager la conversation avec elle mais je lui braille d'arrêter ses conneries en oubliant que beaucoup de libanais comprennent le français. J'espère qu'avec la musique ils n'ont pas tout compris de ce que j'ai dit. Il était tard et j'avais oublié mon français élégant que j'utilise en général pour parler aux libanais.
Ça finit en grosse rigolade sous le regard interloqué de Lara qui essaye de capter ce qu'on peut bien raconter comme bêtises. Elian s'en va, à nouveau sans nous calculer, j'attends qu'elle sorte pour me lever de mon tabouret et effectuer la plus belle révérence que me permette mon équilibre précaire. Sylvain m'envoie un coup de poing dans l'épaule en se marrant et les serveurs se mettent à rire. Il se fait tard, les bars de Beyrouth se vident, on attrape un taxi qui accepte de nous ramener pour pas trop cher. Je reste quelques minutes à prendre le frais sur le balcon. Une putain de belle soirée...

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