l y'a une radio ici qui fait des nuits françaises, je me suis retrouvé dans un taxi à écouter « Non, non rien n'a changé... » des Poppies, ce qui à Beyrouth prend une dimension toute nouvelle.
Beyrouth vit la nuit, oiseau nocturne sans plus aucune mémoire du jour, joyeux bordel rue Gouraud, Gemmayzé n' roll...
Je n'ai pour l'instant tapé des soirée que dans ce quartier, proximité de l'auberge, animation et nombreux bars, pas ressenti le besoin de bouger ailleurs, envie de découvrir le coin...
TORINO EXPRESS, le nom à retenir, the place to be, le bar de la rue Gouraud ou chahutent les beyrouthins passé minuit. Conversations en 3 langues, français arabe anglais, parfois les trois dans la même phrase. Almaza fraiches et shooter de jagermeister, Fernet coca et une pensée pour mes quatre fantastiques. Trouvé ma place au coin du bar, souvent la même car souvent libre, ici il faut jouer des coudes pour accéder au comptoir, le bar est une sorte de couloir minuscule éclairé en rouge par les néons de la vitrine. Derrière le comptoir ca s'agite et s'affaire, le shaker comme instrument d'art, virevoltant pour préparer les cocktails, bouteilles d'Almaza volantes, ce qui les fait mousser une fois ouvertes sur le comptoir. Touristes, expatriés et libanais se mélangent, se rencontrent et s'apostrophent... Le tout un sur mélange de rock, d'éléctro, de musique orientale et de son français qui me rappelle mon adolescence (« Et je voudrais que tu te rappelles notre amour est éternel... »), Louise Attaque et Gnawa diffusion, parfois l'école du micro d'argent s'invite au milieux du hip-hop libanais, sourire de connivence entre tous les français qui fredonnent les paroles. Les dj ont l'air changer souvent, je suppose donc que le son doit être lui aussi assez varié, je verrais après plusieurs soirées.
Rencontré des australiens fans du Cat empire, « Tu fabriques des avions? », « Stade toulousain? Great! », Toulouse connue pour les mêmes raisons que partout ailleurs, félicitations pour mon anglais et orgueil regonflé pour un moment. Cigarettes à la chaine, zippo qui crisse sur mon jean et soudain geyser de vapeur qui jaillit du percolateur... Whisky avec 2 glaçons, ici on précise « full ice » pour un verre plein de glaçons ou « two ice », Wild Turkey, Jack Daniel's et le regard qui se brouille alors que l'ambiance monte d'un cran... Samedi 01h00, le bar est blindé et le son crache sans se soucier du niveau de décibels... Les Australiens allaient au B018, un boite un peu plus loin, hors du quartier. Mais c'est le seul endroit dont j'avais entendu parler à Beyrouth, un texte mailé il y'a longtemps, et je me suis fait beaucoup trop de films sur cet endroit pour avoir envie de le découvrir comme ça. Ensuite? Je suis rentré, à Gemmayzé la nuit ne faisait que commencer, mais il m'en reste beaucoup d'autres...
De jour le Torino redevient un bar comme les autres, surement un peu plus sympa, c'est là que j'ai rencontré Lilly, étudiante en science politique (il y'a certaines choses on pense les fuir et elles vous rattrapent même ici) qui m'héberge dans sa colloc en attendant que je trouve un appart, ce qui avance moyen d'ailleurs. Retour au Torino, chaque matin je passais là boire un café et un jus de fruit avant d'aller à la découverte de Beyrouth. Ca s'éternisait souvent, prenant des notes dans mon carnet ou simplement réfléchir à ce voyage... Dans les enceintes Yann Tiersen jouait la valse d'Amélie.
L'autre bar ou je vais souvent s'appelle le KAMELOT, un vague air de pub anglais, wifi gratuit, le serveur qui joue a fifa sur son ordi et alternance entre les Doors et les Floyds sur la platine. Sympathisé avec le serveur, il m'a filé un coup de main pour traduire les sites d'apparts en arabe et a gardé mon sac entre mon départ de l'auberge et le rdv avec Lilly et son colloc (Maxime, breton du Finistère). En soirée je sais pas trop, j'y suis allé que pour mater la ligue des champions. Le principe est d'ailleurs rigolo, Al jazeera diffuse tous les matchs, donc avant le début tous les gens du bar négocient sur celui qu'on va regarder, vaguement tenté de demander OM-Zilna mais je faisais pas le poids face à Real-Milan. Le lendemain j'ai put voir le Barca contre Copenhague (By the way le Barca qui joue salement mal en ce moment, j'ai un peu flippé). Le soir la musique s'énerve un peu plus, AC/DC et Metalica tiennent l'affiche et la clientèle arbore des chevelures assez magiques. J'essayerai d'y faire un saut samedi voir à quoi ca ressemble en mode soirée.

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